Blog séries du magazine Générique(s)

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

2010 fév. 5

ROBOT CHICKEN : enfin l'éclosion française

Hilarante émission à sketches à base de figurines créée par Seth Green et ses potes, Robot Chicken est une perle d'humour geek. Elle débarque enfin en France sur le net.

On vous en avait déjà parlé dans nos colonnes avec affection. Bonne nouvelle que de la voir enfin diffusée en France sur le site CanalStreet, plate-forme "djeunes" de Canal +. Certes il faudra attendre une semaine entre chaque vidéo et la première ne dure que 2'30, mais au moins le site propose-t-il une version originale sous-titrée appréciable.

robotchicken_image6.jpg

sethgreen.jpgBon mais pour ceux qui ne connaîtraient pas Robot Chicken, qu'est-ce donc ? Déjà, on se permettra une petite mise en garde : sous ses airs de programme d'animation en stop motion bricolé à base de figurines type Action Man, RC ne s'adresse pas à tout le monde. Elle propose un humour, disons, très "graphique". Diarhées, têtes qui explosent, orgies en tout genre... Les créateurs n'y vont pas de main-morte. Il y a un côté bacchanale dans cette série de sketches parfois juste idiots et parfois très transgressifs nés des délires de Seth Green (le Oz de Buffy en photo ci-contre) et de son compère Matthew Senreich.

Y passe à la moulinette l'essentiel de la pop culture, ciné, BD et séries en tête, dans un esprit geekissime. Les invités prestigieux se bousculent pour prêter leur voix aux personnages et il faut saluer le sens du montage des auteurs qui impulsent un rythme d'enfer aux quelque sept minutes que durent les épisodes, alternance de micro-pépites et de parodies plus développées.

Programme phare de la chaîne spécialisée cartoons pour les grands, Adult Swim, Robot Chicken s'est même payée en 2007 un épisode spécial d'une demie-heure dédiée à Star Wars avec en guests Gorge Lucas himself. A ne surtout pas manquer.

A suivre sur le site de CanalStreet


Robot Chicken - Episode 1 CANALSTREET.TV

2010 fév. 4

L'Hebdo Séries : Episode 17

Le dix-septième numéro de l'Hebdo Séries est en ligne. Une émission à retrouver sur le site de Canal + en partenariat avec Générique(s) qui fait le point en images et en six minutes de toute l'actualité de la fiction télé, chaque semaine.

Cette semaine l’Hebdo Séries perce les mystères de LOST !

Dans les news, un nouveau venu chez les DESPERATE, une vieille connaissance rejoint la future série de Matthew Perry, le casting d’EMERGENCY SEX s’étoffe, un coup de cœur pour PARKS AND RECREATION, une petite larme pour la fin de DOLLHOUSE, et une révélation plutôt insolite sur un acteur de 30 ROCK.

Dans le reportage, nous avons rencontré John Truby, le célèbre script-doctor américain. Il décortiquera pour l’Hebdo Séries la dernière saison de LOST, et nous livrera ses hypothèses.

Dans la sélec, on parle de dealers (BREAKING BAD), de prisons mexicaines (CAPADOCIA), et de femmes combattantes (SAMOURAI GIRL).

Enfin, en bonus, le sex-symbol John Hamm (MAD MEN) usera de ses charmes pour un sketch hilarant du Saturday Night Live.

2010 fév. 2

We love you Joss

Bon, Dollhouse c'est fini (voir notre critique). C'est triste. Mais on le savait depuis longtemps et on s'en doutait même un peu avant que la série ne commence. À Générique(s), on se demandait dès fin 2008 si Dollhouse allait réconcilier Joss Whedon avec la télé... La réponse ne fait désormais plus aucun mystère. Pourtant si Whedon devait se fâcher, ce serait avec la Fox et la Fox uniquement. Le network est le seul responsable des fins prématurées de Firefly en 2002 et Dollhouse aujourd'hui, même si cette fois-ci la série a eu le temps de boucler ses intrigues et de livrer une vraie conclusion.

Les critiques sévères – et pourtant en partie justifiées – de Dollhouse ont peut-être entamé la foi du monsieur. Il est surtout triste de constater qu'en dehors des fans, la série aura eu du mal à mobiliser les foules : sur le site IMDB, la série n'a même pas les cinq votes nécessaires pour obtenir une notation des internautes ! C'est rude. Mais ce n'est pas une raison pour tourner le dos au petit écran. Car Whedon l'a annoncé, il compte désormais se consacrer aux webséries. Quand on se souvient de Dr Horrible, on ne peut que l'encourager mais de là à ne faire plus que ça ? Oui aux webséries, d'autant plus qu'elles ont besoin d'auteurs majeurs pour emporter une totale adhésion auprès du public encore un peu timide. Mais non à la fin de la télé. Il y a des chaînes du câble, premium et basic, qui seraient ravies d'accueillir l'univers whedonesque sur leur antenne.

joss_whedon.jpg

On l'a bien vu ces derniers temps, l'émergence de chaînes comme AMC, Starz ou encore SyFy relance la donne en matière de fiction. Elles s'imposent petit à petit comme des incontournables et feront certainement partie du nouveau paysage sériel pour un bon moment au vu de leurs productions. Il ne reste plus qu'à Whedon de se laisser séduire encore par les sirènes de la télévision. Et justement, l'avenir se présente plutôt bien puisque Whedon s'est récemment rapproché de FX (dérivé câblé de la Fox). Et c'est John Landgraf, le président de la chaîne, qui a annoncé en personne la bonne nouvelle lors du dernier TCA winter press tour en précisant que les deux hommes devraient prochainement se retrouver autour d'un déjeuner pour parler des projets de Whedon et d'un éventuel contrat le liant à la chaîne...

Après avoir signé deux scenarios pour le cinéma (The Cabin in the Woods 3D et Goners, deux films d'horreur à sortir en 2011), Whedon s'apprête à réaliser en mars un épisode de Glee avec Neil Patrick Harris, mais après ? Après, il ne se reste plus qu'à croiser les doigts et patienter bien gentiment. Tout vient à point à qui sait attendre.

2010 fév. 1

Chuck fait son amoureuse...

chuck_nbc_tv_show.jpg

Une série télé doit beaucoup à sa bande son. Nombre de séries américaines, même des plus passables, sont des mines à titres pop rock, parfaites pour découvrir de nouveaux groupes. La pratique est presque devenue un classique du visionnage de série : Shazam à la main (le bon vieux net pour les autres), on fait sa playlist. Du coup, quand un son connu de notre oreille apparait, c'est toujours un moment d'émerveillement ("ouah, Untel dans Mad Men, la classe" ou "dis donc les producteurs de Smallville ont les oreilles qui marchent mieux que leurs yeux", etc.) Que ne fut pas ma (désagréable) surprise, donc, quand je tombais la semaine passée sur un épisode de Chuck (très bonne série par ailleurs, sucrerie numéro un du moment) avec... Carla Bruni en bande son. Pas d'anti-sarkozisme gratuit dans ce jugement (quoi que ce serait tentant), mais un petit agacement contextuel. "L'Amoureuse" n'est pas un vilain morceau, loin de là, mais chez Chuck il apparaît d'abord dans un avion en vol pour... Paris (il faut tendre l'oreille), puis en fin d'épisode, dans une scène où le héros tient dans ses mains le seul souvenir de son bref séjour : une mini Tour Eiffel. Au secours. Ralenti + Tour Eiffel + Carla Bruni = crise de fou rire. Pas l'effet escompté par les producteurs, à mon humble avis. Les Américains ont du adorer, Carla Bruni aussi (royalties obligent). Votre serviteur, en revanche, n'a pas fini de se payer la tête de ce bon vieux Charles Bartowski...

Ici il faut tendre l'oreille...

__Ici, en revanche, c'est limpide...__

2010 janv. 29

Kevin Corrigan : le chelou d'Hollywood

Kevin CorriganÇa fait bien longtemps que j'avais envie de vous parler du prodigieux Kevin Corrigan, encore aperçu dernièrement dans Mercy et Californication. D'abord, parce que personne n'en parle et ensuite, parce qu'il illustre à la perfection ce qu'est un "character actor" à l'américaine, à savoir un spécialiste des seconds rôles typés, mais suffisamment habités pour exiger d'être pris en main par un acteur doué, à forte personnalité, et même, pourquoi pas, charismatique. La notion est tellement consacrée chez nos voisins anglo-saxons qu'on dédie même à cette catégorie de comédiens des dictionnaires entiers (dont le fameux Quinlan's et le Hey ! It's That Guy ! de Tara Ariano). On les appelle aussi, et tout est dit, des "scene stealers" (en anglais de cuisine : des "voleurs de scène").

Sorte de Matthew Broderick poupon et mal coiffé, avec son phrasé traînant et asthmatique, Kevin Corrigan est à Hollywood le spécialiste absolu des mecs un peu chelous, des types bizarres, des paumés à l'apparence cool mais bien dérangés sous leur scalp, qu'il s'agisse de drames ou de pures comédies. Malgré son physique quelconque et juvénile, l'énergumène sans âge compose en effet avec brio, et quasi systématiquement, des personnages imprévisibles et flippants. Le meilleur compliment qu'on pourrait lui faire, c'est de dire de son jeu qu'il fait l'effet d'une grenade dégoupillée.

Dans son genre, la carrière de Corrigan est assez bluffante, le comédien d'origine irlando-portoricaine ayant participé, enfin plutôt traversé, pas mal de choses "sériellement" intéressantes ces dernières années : copain d'enfance fêtard et un peu plouc dans Californication donc, trader cocaïnomane dans Damages, oncle glandeur et combinard dans Parents à tout prix, faussaire inquiétant dans Freaks & Geeks, l'acteur collectionne les rôles d'hurluberlus et de doux psychopathes. La liste de ses guests plus ou moins prolongés compte aussi des choses aussi diverses que Fringe, Law & Order, Medium, The Black Donnellys

Californication_Kevin Corrigan

Ce que l'on sait (encore) moins de Corrigan, c'est qu'il a aussi une carrière solide au cinéma, habitué discret des films indépendants (chez Tom DiCillo, Steve Buscemi, Paul Auster…), second rôle chez Scorsese (qui l'a dirigé dans Les Affranchis puis Les Infiltrés, et même produit sur Kicked in the Head), mais aussi présent dans les bons coups comiques du tandem Rogen-Apatow, comme Délire Express ou SuperGrave, ainsi que dans des blockbusters comme American Gangster de Ridley Scott. Même si Kevin attend encore le rôle de sa vie, ce n'est pas une raison (au contraire) pour ne pas rendre hommage à cet anonyme indispensable. Kudos, Kev' !

2010 janv. 28

L'Hebdo Séries : Episode 16

Le seizième numéro de l'Hebdo Séries est en ligne. Une émission à retrouver sur le site de Canal + en partenariat avec Générique(s) qui fait le point en images et en six minutes de toute l'actualité de la fiction télé, chaque semaine.

Cette semaine l’HEBDO SERIES fait son défilé !

Les news passent en revue les événements marquants de la semaine : HOW I MET YOUR MOTHER nous réserve une bonne nouvelle ; deux nouveaux projets de série vous seront révélés ; le coup de cœur de la semaine ira à ROBOT CHICKEN, et un coup de gueule contre SPARTACUS, BLOOD AND SAND.

Dans le reportage de la semaine, une spécialiste de la mode décortiquera les looks de nos héros préférés. Qui sera élu « Jacky », « Ridicool » ou « Hippie chic » ?

Du côté de la sélec : un médecin aussi atteint que ses patients, des employés de bureau déjantés, et un superman en fin de carrière.

Enfin, vous assisterez dans le bonus à une audition plutôt comique de RZA du Wu-Tang Clan pour le rôle de Leslie Knope dans PARKS AND RECREATION.

Caméra Café 2 : débuts un peu short ?

cameracafe2.jpgDepuis plus d’une semaine, M6 diffuse Caméra Café 2, la boîte du dessus à 20h05, en lieu et place de Scènes de ménages. La suite de la série emblématique du format court, la première fiction française originale de ce type – Un gars, une fille était l’adaptation d’une série québécoise en 26 minutes. Produite en partie par une structure baptisée Shortcom, Caméra Café donna ses lettres de noblesse à un genre qu’elle a pratiquement fondé : les short comedys, ou shortcoms.

Sa durée comme son concept de plan unique, vu à travers l’œil d’une caméra cachée dans une machine à café, font de Caméra Café une comédie innovante pour l’époque. Ce serait même le format de fiction « le plus vendu au monde », selon les responsables de Calt (groupe Robin & Co). Enfin, Caméra Café offrait à la sixième chaîne quatre millions de téléspectateurs en moyenne. « Si nous faisons 2 ou 2,5 millions de téléspectateurs avec la nouvelle série, nous serons déjà contents » confiait, en marge de la conférence de presse de lancement de Caméra Café 2, un Bruno Solo bien conscient de l’évolution du PAF depuis l’émergence de la TNT… La première diffusion de cette nouvelle mouture, lundi 18 janvier, aura à peu près correspondu aux espérances. 2,2 millions de téléspectateurs ont suivi les aventures des employés de Digix, la PME de province située un étage au-dessus de celle de Jean-Claude (Le Bolloc’h) et Hervé (Solo). Un nombre de téléspectateurs équivalent à celui de Scènes de ménages en somme. Pas si mal…

Mais peut-être un peu juste si l’on tient compte d’un titre qui aurait dû/devrait attirer les fans d’hier. Seulement, le côté novateur est moins présent, l’offre dans ce type de formats s’étant accrue au fil des années : Scènes de ménages justement, Déformations professionnelles, Les semaines de Lucide sur Série Club, Ça vous est déjà arrivé ? sur TF6 ou encore Plaisir de nuire, joie de décevoir, qui a commencé ce mois-ci sur Orange Cinéchoc. Par ailleurs, il faut passer outre le changement de casting, qui a fait son lot des mécontents à en croire certains commentaires glanés ça et là sur la Toile. Les auteurs ont pourtant essayé de soigner les clins d’œil et de mettre le maximum de cohérence dans tout ça : déménagement de la machine-caméra d’un étage, caméos des « connards de dessous » Hervé et Jean-Claude (qui appelaient les gens de Digix les « connards du dessus ») ou « sarkozysation » des esprits, surtout pour le nouveau duo, Franck (Yannick Choirat) et Rémy (Arnaud Ducret).

Attendons de voir les résultats de Caméra Café 2 sur le long terme. Mais de toute manière, comme l’a expliqué au Monde le directeur général de Robin & Co Nicolas Coperman, en enchaînant six courts épisodes en access primetime chaque jour, les producteurs de Caméra Café 2 ont déjà dû faire une concession : s’adapter à l’ère post-publicité, qui « a détruit le créneau horaire de 20h35 » selon Coperman. Cela oblige donc à fournir près d’une demi-heure de programmes d’affilée. En voulant contrer les pages de réclame des chaînes concurrentes, notamment publiques, Caméra Café avait misé sur une durée de trois minutes, qui faisait sa spécificité. Maintenant qu’il n’y a plus de pub sur France Télévisions, sa séquelle est amenée à remplir 26 minutes, un format bien plus classique… Une ironie du sort qui n’influera pas forcément, on l’espère, sur la durée de vie de Caméra Café 2.

2010 janv. 27

Action ! Coupez !

posterhumantarget.jpgLa série Human Target qui vient de débarquer aux Etats-Unis sur Fox aurait pu être un divertissement efficace. Elle illustre au contraire, les relations difficiles du genre action avec la télévision. Les années 2000 avaient bien pourtant bien débuté. Souvenez-vous du choc 24. C’était en 2001, on découvrait qu’avec un concept imparable (le temps réel), un personnage bigger than life (Jacko) et un sujet brûlant (le contre-terrorisme), les séries étaient tout à fait capables de soutenir la comparaison avec les plus pétaradants des blockbusters ciné. Même constat du côté d’Alias ou de The Shield, dans une économie de moyens remarquable.

D’ailleurs ces shows allaient influencer pendant toute la première moitié de la décennie 2000 les spécialistes sur grand écran de ce genre de productions. La mémoire dans la peau de Doug Liman (2002), c’est un peu James Bond revu à la sauce Bauer/Mackey. Idem pour Casino Royale, en fait un James Bond pour de vrai revu à la sauce Jason Bourne et donc à la sauce Bauer/Mackey.

Le hic c’est que depuis quelques saisons, 24 fait un peu du surplace, incapable de se réinventer. Alias, The Unit, The Shield se sont achevées. Et les séries d'action à de rares exceptions près se retrouvent désormais à la traîne d’un cinéma de genre qui a changé son fusil d’épaule. L’heure fut à lorgner du côté de l’écriture télé, ses personnages forts, ses enjeux réalistes, ses trouvailles narratives... On généralise, évidemment, mais désormais, l’écriture n’apparaît plus vraiment comme une variable déterminante dans le gros des productions, avec une primeur accordée à la technique et à la mise en scène. Comics et jeu vidéo se sont affirmés comme horizons plus convoités que la télé (parfois pour le meilleur avec par exemple Hellboy, Watchmen ou Avatar).

Le cinéma d’action opère de fait un retour à son essence 80’s : un truc bien bourrin peuplé de gros bras. On avait cru le deviner avec Vin Diesel, c’est officiel depuis l’avènement de Jason Statham qui aura d’ailleurs le beau rôle au sein de la distribution du film-programme The Expendables, de et avec Sylvester Stallone mais aussi accrochez-vous Schwarzy, Bruce Willis, Jet Li, Dolph Lundgren, Eric Roberts et Mickey Rourke. Ne manquent à l’appel que Jean-Claude Van Damme et Steven Seagal, à la filmo sensible et émouvante desquels renvoie très directement Human Target, tout en sauvetages à grande vitesse avec son héros garde du corps.

Voir ainsi une série tenter de raccrocher le wagon (au propre comme au figuré) de ce cinéma-là n’est déjà pas bien enthousiasmant. Pas plus d'ailleurs, histoire de boucler la boucle, que de voir ce cinéma-là s'inspirer des séries de l'époque. Mais le pire c’est surtout que même en le voulant très très fort, aucune série de network ne saurait espérer jouer dans la même catégorie. Human Target peut faire ce qu’elle peut pour imiter Jason Bourne dans ses scènes de baston, pour ressembler au Mission : Impossible de De Palma au rayon pyrotechnie et grossir le trait façon comics puisque Marvel est à la mode, à l’image, cela fait désespérément fauché. A peu près autant que d’arborer pour producteurs Simon West (Les Ailes de l’enfer) et McG (Charlie’s Angels).

2010 janv. 26

Dexter, le cancer s'en mêle

Durera ? Durera pas ? Alors que la saison 5 est dans les tuyaux aux Etats-Unis, les fans angoissent déjà sur un éventuel arrêt de la série. Malgré des audiences toujours au beau fixe, Showtime n'a signé "que" jusqu'à la saison 5. Il faut dire que l'on voit mal comment l'intrigue pourrait ne pas se répéter... et lasser. Mais le problème pourrait être plus simplement réglé. Michaël C. Hall a en effet révélé mi-janvier qu'il était atteint d'un cancer, plus exactement d'un lymphome de Hodgkin, qui affecte son système lymphatique. Se confiant au magazine People cette semaine, il parle de rémission, mais ce diagnostic ne va-t-il pas effrayer les producteurs ou le diffuseur ? La maladie ne va-t-elle pas compliquer le tournage ? Ou simplement donner envie à l'acteur de visiter de nouveaux horizons ? Michaël C. Hall, 38 ans, qui était récemment apparu coiffé d'un bonnet lors de la cérémonie des Golden Globes, a expliqué qu'il était aux deux tiers de son traitement et que le taux de guérison de son cancer était de 90%. Pas trop d'inquiétude donc côté santé, mais l'avenir de la série reste toujours en suspens.

MIchael C Hall

Les journalistes sont visiblement très inquiets à propos de la santé du comédien... Lors de la cérémoie des Golden Globes, une flopée de questions lui ont été posées au sujet de son cancer, allant jusqu'à commenter le bonnet qu'il portait. Sa performance d'acteur dans Dexter a été évacuée en une petite question. Consternant. Voyez la vidéo.

2010 janv. 25

Le plein de super

Oui, les super-héros ont la cote à l'écran, surtout sur le grand. En séries TV américaines, les propositions sont un peu plus contrastées : Heroes n'a pas tenu toutes les promesses du buzz de ses débuts, tandis que Smallville et son jeune Superman qui n'en finit pas son roman d'apprentissage lasse depuis un bail (neuf saisons, et il n'a toujours pas mis sa cape rouge). Donc : des intrigues et personnages en yoyo en Heroes et un Smallville devenant de plus en plus le Twilight en collant, où l'inéluctable (défloraison contre destin de surhomme) est repoussé à chaque minute, pour le plaisir des fans. Pirouette de la saison 9 en cours : glisser un peu plus de super-héros costumés (l'épisode Absolute Justice en février) mais toujours point de Superman.

On guette ainsi les deux annonces de projets de séries super-héroïques, l'une non-adaptée d'une BD mais qui y puise sans vergogne (comme Heroes), l'autre transposant des cases en papier (comme Smallville). Push, écrit par David Hayter, scénariste des deux premiers X-Men et de Watchmen au cinéma, est encore un symptôme de l'éternel recyclage hollywoodien puisqu'il s'agit d'une adaptation d'un film lui-même vaguement inspiré de Heroes! Ou un groupe de jeunes doués de pouvoirs paranormaux travaillait à détruire un agence d'espionnage corrompue. Tout ce qu'on lui souhaite c'est de ne pas finir comme Mutant X, le X-Men du pauvre.

Plus excitant est Powers, par Kevin Falls, l'auteur de L'Homme de Nulle Part, éphémère héritier du Prisonnier. Tiré d'un comics, Powers mettrait en scène deux inspecteurs spécialisés dans les enquêtes impliquant les super-héros. La rencontre entre New York Police Judiciaire et X-Men. Une formule pas vraiment neuve (Watchmen l'a déjà fait), mais bienvenue dans un univers télévisé où être en cape et costume n'est pas toujours flatteur (le Batman sixties, Flash, Les Anges de la nuit) et où les superpouvoirs sont en danger d'être trop bouffés par le trivial (Heroes, Smallville). Pas de date fixée pour ces deux séries.

powers31.jpg

2010 janv. 22

Parents, enfants, mode d’emploi

Super Nanny nous a quittés. On sait, vous savez. Quelques jours après sa mort prématurée (pour ceux qui l’ignoraient, l’éducatrice de choc de l’émission de M6, Cathy Sarraï de son vrai nom, a été emportée à 47 ans par un cancer du poumon), on s’interroge encore sur la vague d’émotion que sa disparition a suscité. Plus qu’un people de téléréalité lambda, cette nounou d’enfer, sauveuse des foyers en détresse, bénéficiait d’un capital de sympathie se doublant du respect et de l’admiration qu’un enfant réserve à sa maîtresse d’école. En matant les crises d’hystérie des enfants-rois de dizaines de familles française, Super Nanny avait mis la société toute entière face à sa propre puérilité. Et comme les gosses tyranniques de son émission, ravis qu’un adulte leur impose enfin une limite, la France ne lui en a pas tenu rigueur, bien au contraire.

                                            

Le génie du personnage, c’est d’avoir fait la synthèse entre les valeurs traditionnelles de discipline prisés par la frange conservatrice du pays (tendance Les Choristes), et les acquis de la pédopsychiatrie doltoiste, partant du principe que l’enfant, considéré comme un individu à part entière dès sa naissance, est capable de comprendre ce qu’on lui explique calmement. Pas étonnant, au fond, que Super Nanny ait acquis une telle popularité : douce mais ferme, autoritaire mais aimante, elle était rassurante pour tout le monde.

                                            

« Nouveaux parents ». Au-delà de l’attachement à la personne, le succès de son émission, et de ses équivalents dans le monde, met en exergue un besoin très actuel de s’interroger sur la parentalité. Dans un univers de consommation, où la frontière entre la juvénilité et l’âge adulte est de plus en plus floue, les relations entre parents et enfants se transforment, tâtonnent un peu, cherchent de nouvelles modalités. La tendance ne se limite pas à la téléréalité. Elle est aussi notable dans la fiction, en particulier dans les comédies, toujours promptes à stigmatiser les traits sociologiques de leur époque. Après les célibataires (Friends, Sex and the City…), les séries U.S. font aujourd’hui des « nouveaux parents » leur sujet de prédilection. Evidemment, les comédies familiales ne datent pas d’hier. Mais cette année, on voit apparaître des séries qui abordent la famille à travers des géométries moins conventionnelles.

                                             

La réjouissante Modern Family propose par exemple différents schémas (couple homoparental, famille recomposée, parents plus ou moins conciliants...) sans en tirer un discours normatif. Et le public en redemande (presque 10 millions de fidèles). Dans la jolie Life Unexpected, une trentenaire et son ex du lycée se retrouvent responsables d’une fille, conçue par mégarde quinze ans plus tôt, dont ils n’ont pas pu assumer l’éducation à l'époque. Parents adulescents, enfants précoces, difficultés à asseoir son autorité, à trouver le bon équilibre entre la liberté et la responsabilité… On retrouve ce type de problématiques de ce côté-ci de l’Atlantique dans l’excellente Fais pas ci, Fais pas ça (qui n’aura finalement pas son remake américain sur ABC, succès de Modern Family oblige), où les Bouley et les Lepic incarnent deux modèle éducatifs opposés, sans pour autant s’enfermer dans la caricature. Ces séries ont en commun d’envisager le parent comme un être faillible, en construction, qui apprend pour lui autant qu’il transmet à son enfant. On attend de voir ce que Parenthood (lancement le 1er mars sur NBC), construite autour de quatre couples et de leurs enfants, aura encore à nous dire sur le sujet. Super Nanny est morte, c’est triste. Mais pour les parents en quête de conseils, il reste toujours les séries.

                                             

2010 janv. 21

L'Hebdo Séries : Episode 15

Le quatorzième numéro de l'Hebdo Séries est en ligne. Une émission à retrouver sur le site de Canal + en partenariat avec Générique(s) qui fait le point en images et en six minutes de toute l'actualité de la fiction télé, chaque semaine.

Cette semaine dans l’HEBDO SERIES, les Golden Globes sont à l’honneur !

Les news passeront en revue les principaux gagnants et analyseront cette 67ème cérémonie des prix de la presse étrangère, images à l’appui.

Pour le reportage, l’Hebdo Séries a assisté au tournage des INVICIBLES, série française bientôt diffusée sur ARTE.

Dans la sélec, un détective mélancolique côtoiera une femme aux pouvoirs occultes, et les enquêteurs du F.B.I feront leur grand retour.

Enfin, ne manquez pas le bonus, où Kiefer Sutherland, suite à un pari perdu, débarque chez David Letterman de manière… inattendue.

Politique/Fiction

barack-obama.jpgCela a été un de sujets d’actualité les plus incongrus de ces dernières semaines, les hésitations du staff de Barack Obama à faire se tenir le discours annuel sur l’Etat de l’Union du président le même soir que le season premiere de la 6ème et dernière saison de Lost, décision qui aurait obligé ABC à déplacer son programme star à une date ultérieure.

L’affaire a fait beaucoup parler et s’est conclue par une capitulation de l’Exécutif américain devant les internautes en colère accompagnée d’un commentaire assez sidérant, même si on le devine (on l’espère en fait) teinté de dérision, du secrétaire général de la Maison Blanche, Robert Gibbs : « Je n’envisage pas un scénario dans lequel des millions d’américains qui espèrent avoir enfin leur conclusion à Lost soient contrariés par le Président. » Séries 1 – politique 0.

S’il est vrai qu’à la télé les séries sont chez elles, qu’un évènement politique aussi important passe finalement au second plan face à la diffusion d’une simple fiction, aussi attendue soit-elle, est pour le moins déstabilisant. Alors signe supplémentaire d’une déchéance du politique aux yeux du public (et des politiques eux-mêmes) ou importance démesurée donnée aux séries ? Les deux mon commandant. La question, surréaliste, qui subsiste après cette affaire particulièrement ridicule est celle portant sur l’éventuel calcul des « conseillers » entourant le président, ont-ils reculé de peur de perdre des électeurs fans de Lost en allongeant leur attente ?

2010 janv. 20

Le Mentalist voit rouge

Coquetterie supplémentaire pour le Mentalist (l'enquêteur le plus dandy du moment), et challenge pour ses diffuseurs français, par ailleurs pas très regardants sur le respect de l'oeuvre originale (les épisodes sont diffusés dans le désordre, et ça énerve tout le monde). Le saviez-vous ? Tous les titres de Mentalist (en VO) se doivent de comporter le mot "Red". Red, comme Red John (John le Rouge), le serial-killer qui trucida la famille du Mentalist. Une manière de raccrocher dans l'inconscient du public ce procedural aux enquêtes bouclées à son intrigue semi-feuilletonnante (la traque de Red John par le Mentalist endeuillé constitue la trame de fond de la série), tout en inscrivant le show dans la grande et élégante famille des séries aux titres concepts.

redjohn.jpg

Car les déclinaisons de titres d'épisodes, c'est tout un art. Du moins ça peut. Mentalist tente ainsi de rivaliser avec des séries comme The L Word (dont les titres commençaient systématiquement par la lettre L) ou Remington Steele (dont les titres jouaient sur l'homophonie entre "Steele" et d'autres mots de la langue anglaise - "License to Steele", "You're Steele the one for me"). Le concept est souvent sympa, son véritable enjeu étant de tenir la gageure saison après saison. Facile pour Friends ("The one with...", invariablement, ne restait plus qu'à compléter les blancs) ou les séries qui reprennent dans chaque titre le nom du héros (Chuck, Monk...).

Problème : dès la première saison, les scénaristes de Mentalist semblent déjà épuisés par le petit jeu qu'ils ont eux-mêmes inventé : ça part sur les chapeaux de roue avec des titres comme "Red Tide", "Ladies in Red", "Seeing Red", histoire de bien exposer le concept, puis des allusions à des films ("The Thin Red Line", "La Ligne Rouge") ou des détournements de chansons ("Paint it Red"). Tout roule, c'est cool. Et vlan!, dès l'épisode 14, ça commence à gruger, avec des variations sur le pourpre ("Crimson Casanova"), l'écarlate ("Scarlett Fever") ou le sang ("Bloodshot"). Même pas drôle. La saison 2, après un épisode d'intro nommé "Redemption" (un mea culpa pour remettre les compteurs à zéro?), respecte à nouveau les figures imposées, avec, tout de même, des coups de mou flagrants. Episode 4 : "Red Menace". Episode 5 : "Red Scare". Dans les 50's maccarthystes, le Mentalist aurait sans doute fait un carton...

Et du côté de la VF ? ça joue le jeu, figurez-vous. On a déjà pu voir sur TF1 les épisodes "Voyant Rouge", "Sable Rouge", "Rouge de désir"... Pas bouleversant de poésie, mais fidèle au concept. Au programme de ce soir : "Rouge Flamme", "Le Fil Rouge" et... "La Vie en Rousse". Aïe ! Cheveu sur la langue, ou première entorse aux règles du jeu ? Bon, on ne jettera pas pour autant la pierre aux traducteurs (ce n'est pas de leur faute si "red hair" ne se dit pas "cheveux rouges" en français), d'autant plus qu'ils ont accepté de relever un défi pas folichon, et se condamnent eux-mêmes à danser sur la corde raide. "La corde red ? Elle est bonne, celle-là, coco, on la garde !"

2010 janv. 19

Les Golden Globes et tout le tremblement...

Golden Globes, suite. A chaque cérémonie hollywoodienne (ou parisienne, d'ailleurs), c'est le même problème : comment faire bonne figure face aux malheurs du monde, comment se vautrer dans le luxe, le caviar et les tapis rouges tout en versant une larme pour ceux qui crève de faim, de soif, de chaud ou de froid à quelques milliers de kilomètres de là ? Réponse : impossible de "faire face" ou de "faire bonne figure", à tous les coups on perd. Et cette année, aux Golden Globes, tremblement de terre haïtien oblige, ça a été pire que jamais...

Pendant que des femmes et des enfants meurent ensevelis sous les décombres, que leurs époux et pères s'entretuent, les stars hollywoodiennes se pressaient donc autour de quelques bonnes bouteilles de champagne. Il ne viendrait à l'esprit de personne de leur interdire cet événement. Oui, certains meurent de faim quand d'autres font une crise de foie. A Hollywood comme ailleurs. Reste à gérer, pour ceux qui sont en costard ou en robe de soirée, "l'indécence" de leur tenue. Aux Golden Globes cette année, on a distribué des petits noeuds façon AIDS, en soutien aux victimes haïtiennes. C'est joli, un nœud, et ça ne coûte rien.

ricky-gervais_400.jpg

Restait à savoir qui prendrait la parole, sur scène ou sur le tapis rouge, pour appeler les bons citoyens à l'aide. Un exercice a priori fort louable mais... à bien y réfléchir, on serait tenter de leur reprocher, à ces chevaliers blancs, d'utiliser la misère d'autrui à des fins de promotion -- moi, je donne tant, donc je suis quelqu'un de bien. Qui pour prendre le risque ? Sur le tapis rouge (où certains avaient l'indécence de se plaindre de la pluie), Sandra Bullock déclare avoir donné 1 million de dollars à Médecins sans frontières. Bon karma, quelques heures plus tard, elle décroche le Golden Globe du meilleur rôle féminin (au cinéma).

Sur scène, en revanche, on s'est limité au minimum syndical. Un "n'oubliez pas l'émission de George Clooney", téléthon spécial organisé vendredi prochain sur NBC, une "pub" présentée par Maggie Gyllenhaal, et une flopée de "avec toutes les horreurs du monde..." Au final, c'est Kevin Bacon qui, en coulisses, résumait le mieux ce qu'un acteur, de télé ou de cinéma, peut ressentir dans ce genre de situation : "Je ne pense pas qu'il faille trop parler de ça dans un pareil moment, expliquait-il. Dans nos costards, entourés de bouteilles, on ne peut que se dire "Qu'est-ce que je fais là ?", mais d'un autre côté, ça ne peut pas faire de mal de prendre la parole dans un moment pareil et d'essayer de faire quelque chose..."

Bon appétit Messieurs.

2010 janv. 18

Et le gagnant est...

Golden Globes, Emmy, BATA, Gemini, Scream Awards et autres cérémonies plus ou moins obscures... Chaque année, c'est le même petit rituel des prestigieuses récompenses pour les séries et acteurs de nos cœurs.

Et chaque année, ça se passe toujours à peu près de la même façon. Ça commence dès les nominations. On râle parce que notre série préférée qu'on est tout seul à regarder ne figure pas dans la liste finale. On grogne parce que c'est toujours les mêmes nominés. Et du coup, toujours (ou presque les mêmes gagnants)...

Et le jour J, l'évènement de la soirée ce n'est pas le palmarès, non, c'est tout ce qu'il y a autour. Tout d'abord le tapis rouge. Imparable, incontournable, indispensable même. Pas de cérémonie digne de ce nom sans son tapis rouge et son défilé de stars glamorisées. Les unes se faufilent dans des robes couture et se hissent sur des talons pointus pour devenir de déesses pendant que les autres distillent leur charme viril dans des smokings cintrés. On commente, on flashe, on écarquille les yeux, on rêve.

golden_globes_2010.jpg

Au cours de la soirée, le premier à passer sur le grill, c'est le présentateur : dynamisme, aisance, humour, élégance... tous les ingrédients indispensables pour réussir le cocktail magique, celui de l'hôte de choix. D'une année sur l'autre, il se retrouve en première ligne, scrupuleusement jugé par l'oeil infaillible des spectateurs qui se transforment pour l'occasion en jury de patinage artistique, distribuant bonnes et mauvaises notes à chaque pirouette. Puis tout le monde guette LE moment qui fera de cette édition un moment gravé dans les annales : scandaleux, émouvant, absurde, insolite... Une diatribe sur le gouvernement ? Une pensée émue pour les grandes causes du moment ? Un nouveau couple sur lequel jaser ?

Le lendemain, on décortique, on dépiaute, on scrute à la loupe les tenues portées par les it girls du moment. On décerne le prix de la plus belle robe et celui du mauvais goût qui s'abat sur l'intéressée comme la foudre... Ah oui, et accessoirement on jette quand même un oeil sur les gagnants.

2010 janv. 15

Le retour du personnage

THE MENTALISTAprès une dictature du concept ou de la série chorale sur une communauté ou un milieu professionnel, nombre de séries semblent miser désormais sur la seule force du personnage. Dernier exemple le plus explicite, notamment dans la confusion promotionnelle du comédien vedette avec son rôle : Mentalist (à voir en ce moment, dans le désordre, sur TF1). Voilà bien le comble d'un façonnement étudié de héros atypique, excentrique et plus ostensiblement fictionnel que ses congénères habituels.

Patrick Jane est le plus récent rejeton de cette lignée contemporaine de héros appelés à transcender des pitchs ou des genres improbables ou éculés (et au premier chef la série policière de facture par ailleurs ultra classique, ou plus spécifiquement toute série à mécanique "procédurale") : Charlie Crews (Life), Dexter Morgan, Gregory House, Monk, et j'en passe. Aujourd'hui, ce sont eux qui surprennent et divertissent, en marge (et parfois au détriment) des intrigues, comme en son temps un bon vieux lieutenant Columbo. C'est leur histoire, leur évolution, leurs (non-)vie affective qui nous font vibrer plus que le reste. Leurs "sidekicks", comme les Anglo-Saxons appellent les faire-valoirs, sont, à notre image, constamment dans l'expectative, dans l'interrogation quant aux réactions et aux lubies de leur personnage principal.

Life_orangeQuelle est donc la recette de ce genre de héros récurrent réussi ? D'abord, son incarnation par un comédien talentueux, ça va de soi. S'il a du charme, voire un magnétisme certain, c'est un plus incontestable. En matière d'écriture (car paradoxalement, ça se joue surtout là), le personnage se doit d'avoir des lubies, des déviances et des failles, qui donnent envie de l'aimer, presque de l'adopter : qui une addiction, aux médocs ou aux meurtres en série ; qui une passion pour les fruits frais ; qui une expérience traumatique, comme la prison, le meurtre d'un être cher ou une enfance tragique, etc.

Pourtant, le héros "attapique" (attachant- atypique) est souvent un gros… manipulateur, prompt à mener en bateau ou moquer ceux qu'il fréquente, voire à les mépriser ouvertement. On sait que "qui aime bien châtie bien", mais ce ressort masochiste des héros de série pas au top humainement parlant (et qu'on détesterait à coup sûr si on les pratiquait dans la vie réelle) est plus qu'intéressant. Comme si l'identification jouait particulièrement à plein en leur compagnie, comme si chaque téléspectateur que nous sommes rêvait d'être un marginal, un fou libre, imprévisible et brillant et, secrètement, de pouvoir gifler verbalement son prochain du haut de sa supériorité intellectuelle ou de sa désinhibition. Autre caractéristique essentielle de ce type de personnage : le désintérêt plus ou moins feint pour ses partenaires féminines (toujours canon, comme par hasard), qu'on devine, elles, irrésistiblement intriguées ou attirées par ces hommes plus ou moins autistes. Ce genre de fiction ne tient presque qu'à ça. C'est là aussi un ressort antédiluvien, maternel ou tout simplement humain, parfaitement résumé par ce célèbre aphorisme : "Suis-moi, je te fuis. Fuis-moi, je te suis."

2010 janv. 14

L'Hebdo Séries : Episode 14

Le quatorzième numéro de l'Hebdo Séries est en ligne. Une émission à retrouver sur le site de Canal + en partenariat avec Générique(s) qui fait le point en images et en six minutes de toute l'actualité de la fiction télé, chaque semaine.

Cette semaine dans l’Hebdo Séries, ça va Catcher !

Dans les news, nous vous révèlerons les derniers projets des grands networks, Barack Obama fera preuve de son humanisme, les loups-garous seront de retour, et vous découvrirez les premières images du film tiré de L’AGENCE TOUS RISQUES.

Le reportage sera consacré à la Nouvelle Trilogie de Canal+, puisque vous découvrirez les premières images et l’histoire de CATCH ME, une histoire de cœur… et de claques, dans l’univers du Catch.

La sélec parlera d’un grand retour, d’une série britannique, et d’un thriller franchouillard qui n’est pas sans rappeller un célèbre tueur en série…

Enfin, le bonus fera la part belle au 100ème épisode de HOW I MET YOUR MOTHER, avec une chanson d’anthologie, interprétée par Barney.

Borgia, Borgia & Spartacus : sang, sexe & histoire

alexandreVI_borgia.jpgOn a appris en ce début d’année l’arrivée du célèbre acteur anglais Jeremy Irons au casting d’un projet de Showtime. Une série en 13 épisodes, que l’on devrait voir en début d’année prochaine. Irons y incarnera Rodrigo Borgia, membre de la célèbre dynastie italo-valencienne de la Renaissance, qui devint le pape Alexandre VI. Une grande famille à la réputation sulfureuse, qui inspire également le créateur de Oz Tom Fontana. Celui-ci est en train d’écrire une série en 12x60’ développée par Canal + et Lagardère Entertainment, doté d’un budget de 30 millions d’euros. Deux projets The Borgias pourraient donc arriver sur le petit écran à peu près en même temps. Les débuts d’année semblent propices aux fictions historiques, si l’on tient compte de la diffusion sur Starz à partir du 22 janvier prochain de Spartacus : Blood and Sand. Une saga dopée à l’image numérique et aux ralentis chorégraphiés, sur la vie du célèbre esclave thrace qui se révolta contre les Romains au Ier siècle avant Jésus-Christ. Au vu de la bande annonce, du sang et du sable, il y en aura. De la nudité aussi, le show étant mis en avant comme l’un des plus chauds et explicites produits pour la petite lucarne. « Du sexe, de la violence, de la politique : il y a tous les ingrédients pour faire une bonne série » disait de son côté Fontana au dernier MIPCOM, à propos du sujet sur lequel il planche. Et on peut supposer que la série de Showtime ne sera pas non plus très chaste. L’hémoglobine et la sexualité semblent être les deux mamelles de ces trois fictions.

Chacune aura à éviter les pièges et les écueils. Rien que l’esthétique 300 de Spartacus devrait lui valoir d’acerbes critiques. Le Borgia de Fontana peut rapidement tourner à l’europudding et il ne faudrait pas que celui avec Jeremy Irons ne serve que de remplacement aux Tudors, la série « cul & costumes » de Showtime qui se terminera cette année… Pourquoi un tel engouement des Américains pour des sujets et contextes historiques dans lesquels sang et sexe sont mêlés ? Peut-être parce que traiter de périodes historiques, Antiquité, Moyen-Âge, antérieures à la naissance de leur jeune nation leur permet de gagner une certaine liberté « européenne » ; quant à la représentation de scènes crues ou aux thèmes abordés. La perversion supposée des Borgia ou la cruauté inhérente au monde antique, cela permet de se lâcher. L’une des forces de Rome était de montrer une société où la violence faisait naturellement partie du quotidien et où le sexe menait facilement à l’orgie. On espère cependant que ces trois séries à venir n’auront pas que de l’audace graphique à proposer.

2010 janv. 13

Louis Ferreira, acteur à (re)suivre

Dans la grande tradition des coups de cœur de la rédaction de Générique(s), lumière sur Louis Ferreira, un comédien canadien au visage forcément familier des fans de séries. Actuellement, il figure au générique de Stargate Universe (SGU). Certains le connaissent aussi pour l’avoir croisé dans les séries Missing ou Durham County. Il s’y faisait alors appeler Justin Louis, pseudo que ce natif du Portugal a choisi d’abandonner l’an passé pour revenir à son état civil, en l’honneur de sa mère décédée en 2009.

Dans Stargate, Ferreira joue le colonel Young, l’un des membres de la délégation humaine embarquée accidentellement à bord d’un vaisseau alien filant à toute allure vers l’inconnu, sans garantie de pouvoir revenir un jour sur Terre. Plus haut gradé sur le Destiny, il tient tête à la vraie vedette du show, Robert Carlyle (The Full Monty), pas le moindre des bouffeurs d’écran, ici dans le rôle de Gaius Baltar du scientifique acariâtre. Leurs affrontements constituent les meilleurs moments d’une série plutôt habile à réhabiliter une franchise SF sur la pente déclinante, en lui incorporant des ingrédients fièrement chipés du côté de Battlestar Galactica.

STARGATE UNIVERSE -- "Light" Episode 108 -- Pictured: (l-r) Robert Carlyle as Dr. Nicholas Rush,  Louis  Ferreira  as Col. Everett Young -- Syfy Photo: Carole Segal

La performance dense de Louis Ferreira dans SGU n’est pas vraiment une surprise pour ceux qui ont eu la chance de le découvrir dans la première saison de Durham County (saison 2 à suivre en ce moment sur TPS Star, le lundi). En Ray Prager, ennemi de jeunesse du héros Mike Sweeney (Hugh Dillon), il était ahurissant. Rien que de penser à sa composition de tueur imprévisible, capable de se montrer charmeur, enfantin même, et en un accès de rage, d’une brutalité animale, on en a encore des frissons. Assurément l’un des méchants les plus inoubliables vus à la télé ces dix dernières années.

Acteur très prisé de la télé canadienne depuis plus de vingt ans et qui d’après la légende faillit remplacer Johnny Depp dans 21 Jump Street, Louis Ferreira manque encore de rôles marquants dans une grosse production. On a pu le voir au cinéma dans Shooter avec Mark Wahlberg ou dans les films Saw, mais pas encore dans des bons films. Son changement de patronyme marque toutefois peut-être à 42 ans le début d’une seconde carrière, plus accomplie. Il ne l’aurait pas volé.

- page 1 de 7